[BiblioKids] La Tresse, ou le voyage de Lalita.

Cet album est l’adaptation pour les plus jeunes, du roman éponyme de Laétitia Colombani.

J’ai beaucoup aimé ce roman qui donne la voix à trois femmes vivant en Inde, en Italie et au Canada. Trois femmes que tout oppose mais dont les destins sont liés, comme les mailles d’une tresse.

J’ai malheureusement regretté le choix de l’éditeur et de l’autrice de supprimer les parts italienne et canadienne de l’histoire initiale pour ne conserver que la partie indienne. Adaptation n’est pas synonyme de troncage mais de simplification. J’aurai vraiment préféré que l’adaptation reste fidèle au roman car ce sont les trois parcours de femmes qui font l’essence de l’histoire et donnent du sens aux choix de ce titre évocateur « La Tresse ». De plus, j’ai confiance aux capacités des jeunes lecteurs auxquels s’adresse cette version, pour comprendre tout ce qui fait la particularité de cette tresse.

L’intérêt de cet album (partie indienne de l’histoire), c’est qu’il parle d’un sujet important : le droit des filles à l’éducation. Dans ces pages colorées, nous suivons le voyage de Lalita et de sa maman Smita, des Indiennes nées Dalits (caste des Intouchables). En Inde, le système de castes divise la société en plusieurs groupes hiérarchisés. Parmi les nombreuses conséquences de cette division, il y a une inégalité entre les personnes déterminée par la naissance ou la profession. Les Indiens de la caste des Dalits subissent de nombreuses discriminations comme :

  • exercer des métiers jugés impurs : nettoyer les latrines, vider les fosses sceptiques
  • faire des tâches dégradantes : chasser des rats, nettoyer les égouts
  • l’interdiction d’aller à l’école pour les petites filles

Smita rêve d’un autre avenir pour sa fille. Pour cela, elle n’hésite pas se rebeller et à partir de son village, portée par la foi et l’espoir, pour que Lalita soit instruite et ait droit à une meilleure vie.

La Tresse ou le voyage de Lalita, est donc un album qui favorise une conversation et une réflexion sur les différences sociales, la condition féminine et l’accès à l’éducation. Les illustrations lumineuses de Clémence Pollet viennent attendrir ce récit douloureux en faisant voyager les lecteurs. Elles rendent ainsi possible la conversation, même avec les plus jeunes.

Si je regrette l’extraction des pans italien et canadien du récit d’origine, je reconnais avoir été touchée par la détermination de cette mère qui se bat pour sa fille. Les dessins graphiques expressifs réhaussés de couleurs vives m’ont procuré des émotions fortes qui font que je vous recommande cet album jeunesse.

Pour finir, La Tresse ou le voyage de Lalita, est une histoire touchante qui peut servir de support pour parler des droits de l’enfant, de la religion, des croyances, des organisations sociétales, de la pauvreté, du courage, de la foi et de l’ambition, avec vos enfants.

Merci de me lire ❤

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