La Danse du Vilain (Ed. Métailié) de Fiston Mwanza Mujila (RDC) est le Prix Les Afriques 2021 !

Les membres du jury du Prix Les Afriques ont délibéré et annoncé le vainqueur de l’édition 2021 du Prix Les Afriques. C’est l’homme de lettres Congolais (République Démocratique du Congo) Fiston Mwanza Mujila qui l’emporte cette année grâce à son roman La Danse du Vilain, paru en 2020 chez Métailié.

Communication de La Cene Littéraire, Prix Les Afriques 2021

Comme je vous en parlais dans cet article, le Prix Les Afriques a été créé en 2015 par l’association La Cene Littéraire. Je suis membre du Comité de lecture de ce prix littéraire.

C’est un prix annuel qui récompense la fiction d’un(e) auteur(e) africain(e) ou afrodescendant(e), dont l’engagement se traduit par le soulèvement d’une problématique humaine, sociétale, idéologique, politique, culturelle, économique ou historique en lien avec l’Afrique ou sa diaspora. Le/la lauréat(e) du Prix Les Afriques reçoit 5300€ et une œuvre d’art de 3500€ de valeur. En outre, et c’est là que réside l’importance et le grand intérêt de ce Prix, La Cene Littéraire rachète les droits du livre primé pour l’Afrique subsaharienne francophone. Grâce à cette acquisition, le livre est réédité et mis à la disposition de milliers de lecteurs sur le Continent lors des cafés littéraires de La Cene Littéraire !

Extrait du communiqué de presse de La Cene Littéraire

Dans ce précédent article, je vous disais devoir attendre la proclamation officielle du livre gagnant pour vous partager mes retours de lecture des 5 livres finalistes de cette édition 2021. Vous pouvez lire mes avis dur tous les autres livres sélectionnés en cliquant ici, ou alors ici, en suivant ce lien, ou bien celui-là, ou enfin en cliquant ici. Alors, qu’ai-je pensé de La Danse du Vilain ?

Eh ben, ce livre était mon grand favori ! En vous présentant le Prix Les Afriques dans ce billet, je vous expliquais que les membres du comité de lecture établissent des fiches de lecture dans lesquelles les œuvres en compétition sont chroniquées et évaluées par un système de points. C’est cette notation qui nous permet de sortir la short-list des 5 finalistes envoyée par la suite aux membres du Jury. Cela signifie donc que chaque membre du Comité a sa short-list de 5 finalistes…

La Danse du Vilain de Fiston Mwanza Mujila faisait partie de ma short-list et y occupait la première place ! Voici ce que contient ma fiche de lecture de ce livre :

« Ce roman est un voyage rythmé dans les mines de l’Angola en guerre et au Zaïre. En Angola, des Zaïrois accourent pour exploiter le diamant. Au Zaïre, c’est la fin du règne de Mobutu et le quotidien passionnant des enfants de la rue qui retiennent notre attention.

Cet auteur a une prose qui chante, danse, vibre et vit pour enchanter le lecteur et braquer les projecteurs sur des personnages sur lesquels peu de personnes parieraient. En effet, il y a beaucoup de chances de tomber dans la caricature ou le prédictible si on donne de la voix aux enfants de la rue. Ici, leur construction, leurs paroles et leurs actions vont bien au-delà de la nécessité de survivre. A eux s’ajoutent les trois autres personnages principaux du roman : la Madonne, la Danse du vilain et le bar Le Mambo.  

Cette Madonne m’a rappelé La Grande Royale de l’Aventure ambigüe de Cheikh Hamidou Kane. Elles sont toutes les deux des icônes de leur société, brillantes et imposantes, et leur puissance se mesure à la place centrale qu’elles occupent, telles des dirigeantes, telles des éclaireuses, dans leurs communautés.  

La complexité de la Madonne, la chaleur contagieuse du Mambo, la pièce sociale et politique qui se joue à Lubumbashi et les jeux de pouvoirs qui alimentent la vie dans les mines de diamants en Angola représentent des mondes qui s’effondrent au fil des pages. Mais de ces effondrements toutes les renaissances sont possibles.  

A mi-chemin entre le roman et le recueil de nouvelles, La Danse du Vilain peint l’Humanité à travers des portraits singuliers dans lesquels le lecteur identifie un petit peu de sa propre humanité, avec pour cadre, Lubumbashi, l’étonnante ville-monde.  

Avec brio, inventivité, vitalité et humour, l’auteur mêle habilement histoire, politique et drames humains dans une fresque sociale qui nous oblige à penser (pour les panser) aux maux de notre époque : transhumance, exil, migrations, changements climatiques.  Mais ce livre est aussi un bel éloge de la littérature (page 192).  

Fiston Mwanza Mujila est un conteur hors pair ! Il a hérité du talent de ses prédécesseurs africains. Son écriture est gourmande et son style, inimitable ! »

Comme vous l’avez lu, j’ai beaucoup aimé ce roman et la plume de son auteur. Je me réjouis de le voir primé 🙂

Maintenant, je vous invite à relayer cet article autour de vous et à parler avec enthousiasme du Prix Les Afriques 🙂 Je célèbre déjà le fait que ce livre sera lu et discuté par plusieurs élèves d’Afrique subsaharienne francophone. Faire rencontrer les littératures africaines et les jeunesses africaines est une cause noble qui mérite nos soutiens multiformes ! Merci pour tous vos partages ! Et merci à La Cene Littéraire de le rendre possible !

Merci de me lire ❤

Quelques liens pour aller plus loin :

https://www.facebook.com/Bibliolibrairiedelacenelitteraire/

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